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Yves Jeanneteau

yves et eureill

 

 

 

 

 

Tous les deux mois environ, nous vous proposons le portrait d'un « acteur » du bridge, français ou étranger. Très souvent, c'est un professionnel, arbitre, animateur, joueur ou autre.
Ce mois-ci, nous avons le plaisir de vous présenter Yves JEANNETEAU, le directeur-adjoint de Bridge Plus, et c'est Euriell QUERAN, la gérante de l'entreprise qui va s'atteler à la tâche.

Date et lieu de naissance, profession, cursus scolaire et universitaire.
5 Juillet 1958 à Sablé-sur-Sarthe, 23 ans dans la distribution, plus précisément le groupe Leclerc, en tant que responsable informatique, et depuis janvier 2004 à Bridge Plus, je n'aurais connu que deux entreprises dans ma vie professionnelle ! Bac + 2, à 20 ans j'étais en froid avec mon père, et pour l'agacer j'ai écourté mes études alors qu'il rêvait que je fasse l'ESSCA à Angers, je l'ai regretté au début, mais tout ça est le passé. Mon conseil, les jeunes, ne faites pas ça !
Ton historique dans le bridge, action, bénévolat, etc.
J'ai commencé à jouer en 1981, lorsque je suis entré dans la vie active, avant, mon père refusait que je joue pendant mes études, il avait peur que cela me détourne du droit chemin. Vu la passion qui m'a envahie lorsque j'ai commencé à mettre le nez dans les bouquins et les cartes, il a eu totalement raison ! Président du Bridge Club du Roy René à Angers pendant quatorze ans.
Loisirs en dehors du bridge ?
J'aime beaucoup le golf, même si j'y joue très mal, le cinéma des années 80-90, les romans policiers, la musique classique, je voue un véritable culte à Mozart, l'opéra italien aussi.
Palmarès ?
Sept titres de champion de France, mais j'aime dire que le véritable chiffre est trois, coupe de France 2006, Mixte x 4 2016 et 2018, les quatre autres sont division 3 ou 4 ou excellence, pas des « vrais » titres, à mon sens.
Tes partenaires, et le nombre d'années d'ancienneté pour chacun ?
J'ai été assez vorace à ce niveau, sans doute mon caractère parfois, disons, difficile, mais la soif de gagner m'habite tellement que je suis capable d'avoir, au bridge, des réactions exagérées, que je n'ai pas dans la vie privée.
En mixte, la journaliste du jour, Euriell QUERAN, après mes deux titres de mixte x 4 en 2016 et 2018, je voulais arrêter le mixte, pour avoir du temps à accorder à mes autres loisirs, et puis, comme j'adore transmettre mon modeste savoir, j'ai proposé à Euriell de la former à la compétition. L'élève se débrouille pas mal, la première saison, 2018-2019, nous avons gagné la finale de ligue de mixte x 2 excellence et la finale de comité de mixte x 4 excellence.
En Open, Guillaume AUSSUDRE, l'animateur-arbitre-professeur du BAA (Bridge Atlantique Association), depuis cinq ans. Notre paire est en constant progrès, nous bossons le système, nous jouons en Division Nationale 2 x 4, et en Division Nationale 2 x 2, nous étions en tête après le premier week-end, mais la compétition n'a pu se terminer en raison du confinement...
Qualités requises pour être un champion ?
Rage de vaincre, concentration pour les éléments « hors bridge », sinon, une bonne connaissance des enchères, être « scolaire » dans les situations répertoriées, prendre des risques raisonnables dans les compétitives, être inventif à la carte, rusé, difficile à « décoder ».
Ta convention préférée, celle que tu détestes ?

J'adore le Stayman trois réponses, qui permet d'être discret sur la main de l'ouvreur. Je déteste le 2 « multi », qui ne permet pas, dès son tour de parole, au répondant de connaitre la couleur du partenaire, on perd souvent l'effet barrage pour lequel est prévu le 2 faible !
Etat du bridge français ?
Je suis, comme beaucoup, assez inquiet, l'âge moyen en perpétuelle augmentation, la peine que nous avons, malgré les efforts successifs de la FFB, à recruter et surtout garder les nouveaux « entrants », et je suis malheureusement persuadé que nombre de petits clubs ne survivront pas à la crise sanitaire que nous subissons actuellement. Les dirigeants de la FFB et ceux des entreprises privées devront redoubler d'inventivité dans leur « marketing bridge » pour relever la tête.
La paire de champions que tu admires le plus, française et étrangère ?
Thomas BESSIS et Frédéric VOLCKER, je les trouve très talentueux.
Jeff MECKSTROTH et Éric RODWELL, une paire américaine qui joue ensemble depuis plus de trente ans, impassible à la table, et qui a fourni un énorme travail à l'enchère. Dès qu'ils jouent sur « BBO », il pourrait y avoir Julia ROBERTS et Sophie MARCEAU (mes deux actrices préférées) de chaque côté de moi, je pense que je ne les verrais même pas ! (pardon mesdames...).
Ta qualité principale au bridge, ton défaut (si tu en as un !) ?
Je suis un gagneur, je ne lâche jamais rien, je déteste perdre (je prends ça pour une qualité), je pense être pas trop mauvais en flanc. Sinon, je suis encore (moins qu'avant quand même), trop cassant avec le partenaire, et parfois je m'emballe un peu à l'enchère.
Homme et femme célèbres pour lesquels tu as le plus d'admiration (tu as le droit d'en citer plusieurs...) ?
Indira GANDHI, Mère TERESA, Simone WEIL.
Charles De GAULLE, les résistants, Louis PASTEUR.
Souhaites tu ajouter des choses à ce portrait ?
Oui, je voudrais dire aux joueurs de retourner dans leurs clubs dès qu'ils le pourront, le bridge en ligne, c'est bien, et en ce moment nous sommes bien contents de l'avoir, mais retrouver ses amis, « tâter la Grimaud » et prendre le café ou l'apéro (avec modération) au bar du club, ça c'est de la convivialité pure et dure, ce que l'on aime tous. Beaucoup de clubs vont souffrir de la situation actuelle, soutenons les, allons porter notre obole, ce que nous n'avons pas dépensé au restau ou au cinéma, par exemple, la survie du bridge hexagonal dépendra de votre attitude.

 Pour terminer ce portrait, et sans que ta modestie en souffre, une donne à nous raconter ?
Oui, ma préférée, elle date de 1983, j'avais été « préempté » par Maurice PANIS, que tout le monde connait, comme partenaire, le sien de l'époque, Dominique BEAUMIER, arrêtant le bridge pour la bonne cause, élever ses nombreux enfants.
Me voilà débarqué en Excellence x 4, finale de comité en Anjou avec une paire d'amis nantais, BRUNET-RENAUD.
Je pensais me faire manger tout cru, débarquant de la Promotion x 4 à Sablé-sur-Sarthe, en plus nous ne jouions qu'à quatre. En vrai, nous avons joué le dernier match « pour du beurre », la victoire était déjà assurée.
Même si, par la suite, il nous est arrivés d'avoir des différends avec Maurice, je reconnais beaucoup lui devoir, il m'a énormément appris.
Voilà l'objet du délit :

 

 
A52
A854
R754
72
 
DV10
-
DV862
A10843
 
R976
72
A
RDV965
 
843
RDV10963
1093
-
 
 

Victime 1

Sud YvesVictime
2
Nord Maurice
1 4 X Fin

 4 X par Sud, donc, entame Dame de Pique, les enchères d'Est-Ouest sont très douteuses, si vous regardez bien, ils ont 6 « sur table ».
Mais ce n'est pas mon problème, je me compte au moins quatre perdantes, deux Piques et deux Carreaux.
Comment en faire disparaitre une, voire deux ? L'As de Carreau sec, et une petite arnaque : je prends de l'As de Pique, Trèfle coupé, Cœur pour l'As du mort, Trèfle coupé et un second tour d'atout de ma main.
Et, la carte qui tue, 10 de Carreau, avouez qu'en Ouest, vous auriez inséré le Valet ? Mon adversaire de gauche aussi, je fournis petit, pris de l'As à droite comme dans un rêve. La défense encaisse ses deux Piques, si Ouest est en main, il doit jouer sous sa Dame de Carreau, si c'est Est, ce sera coupe et défausse.
J'ai posé le problème de flanc d'Ouest à quantité de bons joueurs, un seul a trouvé de fournir petit Carreau sur le 10, et pourquoi, seul flanc qui bat, Pierre DILLENSCHNEIDER.