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Philippe SOULET

philippe souletC'est un immense champion français que nous avons l'honneur de vous présenter ce mois-ci.
Surnommé « Le Mozart du bridge » en raison de sa précocité (il a été champion du monde open à l'âge de 26 ans !), Philippe a traversé la vie sans s'éloigner du bridge une seconde !

 

 

 

 

Comme il le dit lui-même, j'ai fait de ma passion « mes » métiers. En effet, son nombre de casquettes (bridgesques) est impressionnant, organisateur et animateur de stages et festivals, professeur, écrivain, directeur de club, champion, rédacteur de simultanés (Trophée du Voyage, de Bridge International, notre principal concurrent et néanmoins ami !), j'en oublie sûrement, il me pardonnera.

Nous nous sommes mieux connus car une passion commune nous a réunis, les grands crus ! En effet, avant de travailler moi-même dans le bridge, j'étais cadre pour une enseigne de grande distribution, et au hasard des compétitions, nous en sommes arrivés à parler vin, et il m'est arrivé plusieurs fois d'arriver à son club avec mon coffre rempli de bons Bordeaux ! Epicuriens, les bridgeurs...

Mais essayons de connaitre un peu mieux l'homme.

Philippe a perdu son père à l'âge de 14 ans, et n'était pas passionné par les études. Il a néanmoins obtenu son « bachot » comme on disait à l'époque.

Mais le virus du bridge avait déjà fait son effet, il contribue à la création d'un club à Marseille, rue Paradis, bien connue notamment grâce au film avec Omar Sharif « 588, rue Paradis ». Malheureusement, le club ne trouvera pas sa clientèle, et devra fermer un an plus tard.
Pas grave, se dit le jeune Philippe, allons voir à Paris ce qui se passe, et c'est un autre « monstre sacré » du bridge français, Michel LEBEL en personne, qui le prend sous son aile.
Il faut dire que lorsque l'on est 1ère série à l'âge de 16 ans, que l'on gagne le mixte de Juan les Pins à l'âge de 17 ans, on ne passe pas inaperçu ! Avec Michel, son mentor, premier tournoi, première victoire, à Courchevel.

Le pied ainsi à l'étrier, il va très rapidement travailler, et jouer dans les meilleures équipes possibles, tous les grands champions français de l'époque lui font la cour, et n'ont de cesse de l'intégrer dans leur équipe, a star is born !

 championnat deurope Sa dernière grande victoire :
Le championnat d'Europe senior x 4 en 2018 à Ostende Belgique).
De gauche à droite :
Michel ABECASSIS, Michel LEBEL, Philippe SOULET, Éric GAUTRET
(capitaine non joueur), Guy LASSERRE, Philippe POIZAT, Alain LEVY.
Une équipe qui aurait largement pu concourir pour le titre en Open !
avec sa partenaire thierry de ste marie eric mauberquez et michel lebel
 Avec sa partenaire et amie, Sylvie Willard  Avec de gauche à droite, Thierry de SAINTE-MARIE,
Éric MAUBERQUEZ et Michel LEBEL.

Passons maintenant à quelques questions informelles afin de mieux connaitre le « bonhomme » :

Partenaires préférés :

En mixte ma grande amie Sylvie WILLARD, une immense championne par son talent et sa longévité. En Open, Michel LEBEL, « l'historique » et Hervé VINCIGUERRA, le « nouveau ».

Titres les plus marquants :

Championnat du monde de Valkenburg (Hollande) avec Chemla, Lebel, Mari, Perron et Svarc, en 1980.
Championnat du monde de Biarritz en 1982 en jouant seulement à quatre, avec Faigenbaum, Lebel, Pilon.
Championnat d'Europe de Wiesbaden (Allemagne) en 1983 avec Corn, Cronier, Lebel, Mouiel, Svarc.
Toutes ces équipes capitainées par le légendaire Pierre SCHEMEIL.

Trois médailles d'or en trois ans, plus que certains champions en toute une vie !

Résultats flamboyants à l'open européen d'Istanbul l'an passé, jugez plutôt : médaille d'or en "BAM" (Board a match) avec Hervé VINCIGUERRA, Frédéric VOLCKER et Thomas BESSIS, médaille d'argent en open x 2 avec le même Hervé VINCIGUERRA, et encore l'argent en mixte par 4 avec Vanessa REESS, Nathalie FREY, Bernard PAYEN et Eric MAUBERQUEZ !

Qualités pour devenir (et rester) un champion ?

Deux choses essentielles à mon sens, et qui sont liées, la forme physique et la concentration. Le bridge de haut niveau est exigeant, il ne faut pas arriver à une compétition fatigué ou peu concentré, on a aucune chance de bien figurer. La capacité à laisser ses éventuels soucis de côté est primordiale pour avoir de bons résultats.
Bien évidemment, il faut aussi du travail et du talent, comme partout !

Adversaires les plus craints ?

En France, la paire que formait Alain LEVY et Hervé MOUIEL (celui-ci est malheureusement décédé depuis quelques années) était à mon avis redoutable, capable de rivaliser avec les meilleures paires mondiales.
À l'étranger, sans conteste, Jeff MECKSTROTH et Eric RODWELL, surnommés « Meckwell », une association d'un énorme travail (leur système d'enchères contient quelques centaines de pages, écrites petit...) et un talent fou, l'an passé, Jeff a gagné le Cavendish, l'épreuve par paire la plus relevée au monde, avec notre « nouvelle star » Thomas BESSIS, avec qui il jouait pour la première fois !

Plutôt match x 4 ou TPP ?

Peu importe, à condition que je joue avec des amis, ce qui est primordial pour moi c'est la convivialité, que je m'entende bien avec mon partenaire et mes coéquipiers. Ne pas aller diner ensemble après les matchs, comme cela se passait à une époque, est pour moi impensable.
Maintenant, ce qui me plait beaucoup, ce sont les nationaux américains, brassage de beaucoup de gens de tous horizons, et lieu dans lequel quasiment tous les champions professionnels se rencontrent, une « grand-messe » du bridge, en somme.

Un regret ?

Juste un seul, au niveau de mon club (France Bridge, tout près du Trocadéro), peut-être ne pas avoir assez anticipé, et développé efficacement une école de bridge dans le but de renouveler les effectifs.

Un rêve ?

Ma foi non, j'ai la vie dont je rêvais, je travaille encore parce que rester à la maison n'est pas dans mon style, j'aime être actif, rencontrer des gens, je ne me vois pas devant la télé toute la journée !

 

encore une victoire  discussion avec dominique beaumier 
 Et encore une victoire !
Discussion avec Dominique Beaumier,
président du festival de La Baule